Les participants de gauche à la primaire de la droite

Dans une tribune sur Causeur, Régis de Castelnau s’en prend – plutôt violemment – à tous ceux qui, se revendiquant de gauche, ont l’intention de participer à la primaire de la droite et du centre afin de barrer la route à Nicolas Sarkozy. Même si Jérôme Leroy lui a très bien répondu, j’aimerais, ici, lui adresser ma réponse. Bien que comprenant parfaitement ses objections sur les plans moral et juridique, je pense qu’il se fourvoie – complètement.

Je ne reviendrai pas sur le fait que Sarkozy candidat de la droite à la présidentielle, c’est la candidature de François Bayrou à cette même élection, comme l’a justement fait remarquer David Desgouilles, sauf pour dire que ces partisans de gauche sont plutôt suicidaires que productifs, car ils savonnent singulièrement la planche de leur camp, comme si les divisions à gauche ne suffisaient pas.

Mais il semblerait surtout que Régis de Castelnau ait le juridisme et la morale à géométrie variable. J’aurais beaucoup aimé l’entendre clamer haut et fort les principes du droit qu’il prétend défendre après certaines déclarations de Nicolas Sarkozy, notamment sur le peu de cas qu’il fait de l’état de droit. Sarkozy se pose en victime devant l’activisme de certains juges, mais n’hésite pas à préconiser l’internement de personnes sur de simples soupçons. En quoi participer à une primaire pour en influencer le résultat serait-il plus condamnable que la rétention arbitraire, que ce soit moralement ou juridiquement ?

À moins bien sûr que les propos tenus par Sarkozy ne soient que de l’esbroufe uniquement destinée à attirer à lui les voix des électeurs les plus droitiers, et qu’il n’a nullement l’intention de tenir parole une fois élu, ou bien qu’il sait par avance que ses propositions ne verront jamais le jour du fait du droit. Dans ce cas, tromper les électeurs dans le seul but d’accéder à une magistrature disposant de pouvoirs exorbitants relève de la même malhonnêteté que de tromper les assesseurs de la primaire afin d’empêcher un candidat d’y parvenir.

Donc, pourrait-on faire malicieusement remarquer, si le comportement de Sarkozy est compatible avec ces « valeurs » auxquelles le participant à la primaire est censé adhérer, on ne voit pas en quoi celui prêté aux votants de gauche par Régis de Castelnau les enfreindrait.

Mais il est aussi un point sur lequel Jérôme Leroy n’insiste pas assez dans sa réponse: il ne s’agit pas seulement de voter pour le candidat d’un camp. Dès l’an prochain, l’un de ces candidats dirigera le pays pour les cinq ans à venir, et sa politique aura un impact sur la vie de tous les Français. Et je comprend très bien ceux qui, déçus par Hollande et rebutés par l’outrance de Sarkozy, veulent à tout prix éviter un triptyque Le Pen – Sarkozy – Hollande à la prochaine élection présidentielle.

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