La concurrence… entre les employeurs

Dieu sait si la loi Travail de Myriam El Khomri déchaîne les passions en ce moment. Ce 9 mars, des manifestations vont avoir lieu un peu partout en France contre ce projet de loi qui, aux dires de certains, va fragiliser encore plus la position des salariés face à leur employeur – par définition un salaud, les relations dans le monde du travail ne pouvant, à leurs yeux, qu’être conflictuelles. Ils oublient pourtant une chose fondamentale.

En effet, tant que le taux de chômage restera aussi élevé, aucun Code du Travail, fasse-t-il 6000 pages, ne pourra protéger efficacement ceux qui ont un emploi. Un tel déséquilibre en faveur des employeurs ne peut que favoriser la prolifération de patrons-voyous – par là j’entends ceux qui maltraitent leurs salariés, découragent le travail et contribuent à déprimer la société française. Les salariés ne pourront trouver de conditions de travail durablement satisfaisantes qu’en faisant jouer à plein un certain type de concurrence: celle entre les employeurs.

Cela suppose un certain nombre de conditions: d’abord, les employés doivent intégrer le fait qu’ils sont des offreurs de compétences et que leur contrat de travail représente un marché d’égal à égal avec celui qui loue leurs services, et non pas une relation de subordination comme on l’entend souvent; ensuite, ils doivent comprendre que comme dans tout marché, s’ils sont insatisfaits d’une offre – en l’occurrence ici de salaires et de conditions de travail -, ils ont entièrement le droit d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, ce qui contrasterait avec la fixation habituelle des Français sur leur emploi actuel. Enfin, ils doivent réaliser que plus ils acquerront de compétences – ce qui ne nécessite pas d’être Bac+20, la volonté de travailler et de progresser, l’expérience acquise, l’implication dans la vie de l’entreprise, la flexibilité en sont d’importantes aux yeux de bons patrons -, plus ils verront de portes s’ouvrir devant eux. Encore faut-il qu’il y ait pléthore de demandeur de compétences.

Et pour çà, il n’y a pas de secret, il faut stimuler la création d’activité. Celle-ci étant porteuse de grosses incertitudes – l’avenir est imprévisible -, il importe de les réduire partout là où on le peut. La loi El Khomri, caricaturée ici et ,  réduit le risque de voir des licenciements nécessaires dépendants du bon vouloir d’un juge, pas toujours objectif, et permet une certaine flexibilité, ce qui permet aux entrepreneurs de voir un peu plus clair. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut aussi mettre en œuvre le fameux « choc de simplification » promis par Hollande, et qui jusqu’ici s’est révélé être un pet de lapin.

En effet, si les grandes entreprises sont équipées en juristes et en conseillers en tous genres pour faire face à la montagne de lois, de normes et de réglementations qui sévit en France, il n’en va pas de même pour les PME. Et il faut bien comprendre que le temps passé à vérifier que l’entreprise marche bien dans les clous, c’est autant de temps en moins pour chercher des clients, innover et vendre, donc pour créer de la richesse, et donc de l’emploi. Je peux comprendre qu’on veuille un niveau élevé de charges pour financer la solidarité nationale, mais dans ce cas, qu’on fiche la paix aux entreprises sur le reste et qu’on les dispense de toute cette paperasse. À fiscalité inchangée, cette mesure seule pourrait leur redonner de l’air, alors que leurs marges sont ridiculement faibles.

Car la fiscalité, contrairement à ce qu’on pense, n’est pas un facteur si limitant. Mis à part un petit nombre pour qui le mot « taxe » est honni, beaucoup sont prêts à payer des impôts si, en contrepartie, ils obtiennent de bonnes conditions pour leur activité (main d’œuvre qualifiée, infrastructures efficaces, sécurité juridique). Le Danemark en est un bon exemple. Avant la crise financière de 2008, leur taux de chômage était d’à peine 2% malgré des taux d’imposition parmi les plus élevés au monde.

Toutes ces mesures contribuent à rendre la création d’entreprises et d’emplois plus facile, moins risquée et plus rémunératrice, ce qui est le plus sûr moyen d’en créer et ainsi de ré-équilibrer les rapports de force dans le monde du travail, voire de les faire tourner à l’avantage des salariés.

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