Confucius, Socrate, Bouddha et les autres..

Je suis récemment tombé sur un article fort intéressant sur la quasi-concommittance des vies de Confucius, de Socrate et de Bouddha. L’auteur mentionne très à-propos que leurs enseignements pointent dans la même direction, et qu’il s’est trouvé des hommes assez réceptifs à leurs messages pour les transmettre de génération en génération, de telle sorte que cette sagesse nous parvient encore aujourd’hui. Ce dernier point suscite en moi une interrogation particulière: compte tenu de l’extraordinaire capacité de l’humanité à détruire ses propres trésors – du pillage de la bibliothèque d’Alexandrie au saccage des statues de Bouddha –, comment une telle richesse a-t-elle pu être conservée deux mille cinq cents ans plus tard? Serait-ce parce que ce moment où ces sages illuminent plusieurs continents de leur savoir correspondrait, comme le suggère François Ménager, à une sorte de moment de grâce universelle?

Et l’auteur de mentionner Jésus un peu plus loin dans l’article. Bien que né près de cinq cents ans plus tard, son message, essentiellement basé sur le principe ”Aimez-vous les uns les autres”, semble abonder dans le sens de ceux de ses prédécesseurs. Et on pourrait en citer d’autres, notamment Marc Aurèle. Une des pensées de ce dernier me frappe particulièrement: ”Tous ces biens que tu désires atteindre par de longs détours, tu peux dès maintenant les avoir, si tu ne te les refuses pas à toi-même. Je veux dire : si tu laisses tout le passé, si tu remets l’avenir à la Providence,  et si, te bornant uniquement au présent, tu le diriges vers la piété et vers la justice. Vers la piété, afin que tu aimes le sort qui t’est échu, car la nature te l’a destiné, tout comme elle te destinait à lui. Vers la justice, afin que librement et sans ambiguïté tu dises la vérité, et que tu agisses selon la loi et la valeur des choses.” Comment ne pas rapprocher ces mots de cet extrait du Sermon sur la Montagne: ”Cherchez d’abord Son royaume et Sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît”. Ces paroles signifieraient-elles que nous sommes en fait maîtres de nos destins, que nos vies se trouveraient grandement facilitées si nous nous tournions vers le Divin? Que ces mots aient la même signification bien que prononcés dans différents contextes  par des personnes avec des vécus très différents incite pour le moins à la réflexion.

Quoi qu’il en soit, que des philosophes dont la raison constitue la colonne vertébrale de la manière de vivre et d’enseigner puisse imaginer qu’il existe des Dieux ou une Divinité devrait pour le moins interpeller les plus sceptiques d’entre nous: comment Platon peut-il croire à la survie de l’âme (Phédon)? Comment Sénèque peut-il parler de la nature de Dieu (De la brièveté de la vie)? Y aurait-il donc quelque chose au-delà du monde physique que nous avons sous nos yeux?

Tous ces écrits peuvent être comparés à d’autres plus contemporains, comme ”Le pouvoir du moment présent” d’Eckhart Tolle, ou bien ”Aimer, c’est laisser ses peurs derrière soi” de Gerald Jampolsky. Je laisse à mes lecteurs le soin d’approfondir la lecture de ces ouvrages, mais leurs contenus peut facilement être comparés aux enseignements de ces messagers de l’Antiquité. Même si les textes de Tolle et Jampolsky nous sont plus accessibles car plus adaptés à notre époque – il faut se rappeler que Jésus enseignait à une époque et dans des lieux où l’éducation était chose rare et qu’il lui fallait adapter son langage pour être compris –, à bien y regarder, ils nous disent la même chose que leurs illustres prédécesseurs. La Vie de Tolle, le Tao de Lao-Tseu, le Dieu de Jésus ou les Dieux de Platon (”S’il y a des dieux, ils sont source de Bien; le Mal vient de nous et de nous seuls” – La République) présentent une ressemblance frappante sur le fond, même si leurs formes diffèrent les unes des autres.

L’avantage des textes de Tolle et Jampolsky est qu’ils ne nous parlent pas seulement de la nature divine de l’humanité; ils nous donnent également un ”mode d’emploi” de cette nature. Quand Tolle nous invite à observer nos pensées plutôt que d’y réagir, il nous présente une manière d’accèder à la délivrance ( les émotions négatives proviennent plus de nos pensées et de nos réactions à notre environnement qu’aux circonstances elles-mêmes). La méditation elle-même nous détache de nos pensées et nous fait accèder à une certaine sérénité. Serait-ce ce fameux ”Royaume des Cieux” qui serait au-dedans de nous, et non pas une terre lointaine comme on le croit souvent? Quand Jampolsky nous dit que pardonner est notre unique tâche, il rejoint Marc Aurèle dans sa pensée citée plus haut. Il est simplement plus clair pour nous que lui dans son explication.

Tout ceci laisse à penser qu’il existe effectivement une réalité au-delà des apparences physiques et que la Vie nous envoie des messagers à intervalles réguliers. Voilà un raisonnement sur lequel méditer pour qui se veut rationnel.

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