Fillon, aussi flou sur son programme que sur sa moralité

Je l’avoue, je fais partie des 2.9 millions de Français qui ont voté pour François Fillon au deuxième tour de la primaire de la droite et du centre. J’avais voté surtout en fonction de son programme, car le desserrement du carcan bureaucratique est pour moi indispensable au retour du plein emploi en France. Et s’il est maintenant hors de question pour moi de voter Fillon le 23 avril prochain (en espérant qu’il ne sera plus là le 7 mai), ce n’est pas seulement parce que l' »illusion » – terme dont ses proches affublent la candidature d’Emmanuel Macron – autour de la personnalité et de la moralité du candidat se fracasse sur les révélations du Canard Enchaîné, mais aussi parce que ces derniers jours ont révélé un certain flou, pour ne pas dire une certaine volatilité,  au sein de son programme. Lire la suite

Sauvez Asia !

Je viens juste de lire cet article (en anglais) sur le procès honteux fait à Asia Bibi, une mère de cinq enfants, à propos d’un prétendu blasphème. Que cette mentalité du moyen-âge puisse encore semer autant de souffrance et de mort n’a hélas rien de nouveau.

Cependant, cet article apporte un rayon de lumière qui pourrait contribuer à éradiquer ces comportements dignes des ténèbres. Il fait en effet mention d’un article scientifique évaluant l’effet de messages massivement diffusés sur les réseaux sociaux. Apparemment, comme l’a dit un jour le Dalaï-Lama, « si vous croyez être trop petit pour avoir une influence quelconque, essayez donc de dormir à côté d’un moustique ».

Alors, je voudrais vous demander à vous, tous les lecteurs de ce post, de relayer cet article sur les réseaux sociaux, voire de signer la pétition. Ensemble, nous pouvons faire bouger les choses.

Les participants de gauche à la primaire de la droite

Dans une tribune sur Causeur, Régis de Castelnau s’en prend – plutôt violemment – à tous ceux qui, se revendiquant de gauche, ont l’intention de participer à la primaire de la droite et du centre afin de barrer la route à Nicolas Sarkozy. Même si Jérôme Leroy lui a très bien répondu, j’aimerais, ici, lui adresser ma réponse. Bien que comprenant parfaitement ses objections sur les plans moral et juridique, je pense qu’il se fourvoie – complètement.

Je ne reviendrai pas sur le fait que Sarkozy candidat de la droite à la présidentielle, c’est la candidature de François Bayrou à cette même élection, comme l’a justement fait remarquer David Desgouilles, sauf pour dire que ces partisans de gauche sont plutôt suicidaires que productifs, car ils savonnent singulièrement la planche de leur camp, comme si les divisions à gauche ne suffisaient pas.

Mais il semblerait surtout que Régis de Castelnau ait le juridisme et la morale à géométrie variable. J’aurais beaucoup aimé l’entendre clamer haut et fort les principes du droit qu’il prétend défendre après certaines déclarations de Nicolas Sarkozy, notamment sur le peu de cas qu’il fait de l’état de droit. Sarkozy se pose en victime devant l’activisme de certains juges, mais n’hésite pas à préconiser l’internement de personnes sur de simples soupçons. En quoi participer à une primaire pour en influencer le résultat serait-il plus condamnable que la rétention arbitraire, que ce soit moralement ou juridiquement ?

À moins bien sûr que les propos tenus par Sarkozy ne soient que de l’esbroufe uniquement destinée à attirer à lui les voix des électeurs les plus droitiers, et qu’il n’a nullement l’intention de tenir parole une fois élu, ou bien qu’il sait par avance que ses propositions ne verront jamais le jour du fait du droit. Dans ce cas, tromper les électeurs dans le seul but d’accéder à une magistrature disposant de pouvoirs exorbitants relève de la même malhonnêteté que de tromper les assesseurs de la primaire afin d’empêcher un candidat d’y parvenir.

Donc, pourrait-on faire malicieusement remarquer, si le comportement de Sarkozy est compatible avec ces « valeurs » auxquelles le participant à la primaire est censé adhérer, on ne voit pas en quoi celui prêté aux votants de gauche par Régis de Castelnau les enfreindrait.

Mais il est aussi un point sur lequel Jérôme Leroy n’insiste pas assez dans sa réponse: il ne s’agit pas seulement de voter pour le candidat d’un camp. Dès l’an prochain, l’un de ces candidats dirigera le pays pour les cinq ans à venir, et sa politique aura un impact sur la vie de tous les Français. Et je comprend très bien ceux qui, déçus par Hollande et rebutés par l’outrance de Sarkozy, veulent à tout prix éviter un triptyque Le Pen – Sarkozy – Hollande à la prochaine élection présidentielle.

La concurrence… entre les employeurs

Dieu sait si la loi Travail de Myriam El Khomri déchaîne les passions en ce moment. Ce 9 mars, des manifestations vont avoir lieu un peu partout en France contre ce projet de loi qui, aux dires de certains, va fragiliser encore plus la position des salariés face à leur employeur – par définition un salaud, les relations dans le monde du travail ne pouvant, à leurs yeux, qu’être conflictuelles. Ils oublient pourtant une chose fondamentale.

En effet, tant que le taux de chômage restera aussi élevé, aucun Code du Travail, fasse-t-il 6000 pages, ne pourra protéger efficacement ceux qui ont un emploi. Un tel déséquilibre en faveur des employeurs ne peut que favoriser la prolifération de patrons-voyous – par là j’entends ceux qui maltraitent leurs salariés, découragent le travail et contribuent à déprimer la société française. Les salariés ne pourront trouver de conditions de travail durablement satisfaisantes qu’en faisant jouer à plein un certain type de concurrence: celle entre les employeurs.

Cela suppose un certain nombre de conditions: d’abord, les employés doivent intégrer le fait qu’ils sont des offreurs de compétences et que leur contrat de travail représente un marché d’égal à égal avec celui qui loue leurs services, et non pas une relation de subordination comme on l’entend souvent; ensuite, ils doivent comprendre que comme dans tout marché, s’ils sont insatisfaits d’une offre – en l’occurrence ici de salaires et de conditions de travail -, ils ont entièrement le droit d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, ce qui contrasterait avec la fixation habituelle des Français sur leur emploi actuel. Enfin, ils doivent réaliser que plus ils acquerront de compétences – ce qui ne nécessite pas d’être Bac+20, la volonté de travailler et de progresser, l’expérience acquise, l’implication dans la vie de l’entreprise, la flexibilité en sont d’importantes aux yeux de bons patrons -, plus ils verront de portes s’ouvrir devant eux. Encore faut-il qu’il y ait pléthore de demandeur de compétences.

Et pour çà, il n’y a pas de secret, il faut stimuler la création d’activité. Celle-ci étant porteuse de grosses incertitudes – l’avenir est imprévisible -, il importe de les réduire partout là où on le peut. La loi El Khomri, caricaturée ici et ,  réduit le risque de voir des licenciements nécessaires dépendants du bon vouloir d’un juge, pas toujours objectif, et permet une certaine flexibilité, ce qui permet aux entrepreneurs de voir un peu plus clair. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut aussi mettre en œuvre le fameux « choc de simplification » promis par Hollande, et qui jusqu’ici s’est révélé être un pet de lapin.

En effet, si les grandes entreprises sont équipées en juristes et en conseillers en tous genres pour faire face à la montagne de lois, de normes et de réglementations qui sévit en France, il n’en va pas de même pour les PME. Et il faut bien comprendre que le temps passé à vérifier que l’entreprise marche bien dans les clous, c’est autant de temps en moins pour chercher des clients, innover et vendre, donc pour créer de la richesse, et donc de l’emploi. Je peux comprendre qu’on veuille un niveau élevé de charges pour financer la solidarité nationale, mais dans ce cas, qu’on fiche la paix aux entreprises sur le reste et qu’on les dispense de toute cette paperasse. À fiscalité inchangée, cette mesure seule pourrait leur redonner de l’air, alors que leurs marges sont ridiculement faibles.

Car la fiscalité, contrairement à ce qu’on pense, n’est pas un facteur si limitant. Mis à part un petit nombre pour qui le mot « taxe » est honni, beaucoup sont prêts à payer des impôts si, en contrepartie, ils obtiennent de bonnes conditions pour leur activité (main d’œuvre qualifiée, infrastructures efficaces, sécurité juridique). Le Danemark en est un bon exemple. Avant la crise financière de 2008, leur taux de chômage était d’à peine 2% malgré des taux d’imposition parmi les plus élevés au monde.

Toutes ces mesures contribuent à rendre la création d’entreprises et d’emplois plus facile, moins risquée et plus rémunératrice, ce qui est le plus sûr moyen d’en créer et ainsi de ré-équilibrer les rapports de force dans le monde du travail, voire de les faire tourner à l’avantage des salariés.

Réforme du collège: à bas l’élitisme, vraiment?

À chaque réforme du système « éducatif » – je mets le mot entre guillemets, vu le nombre d’élèves qui en sortent chaque année sans même maîtriser les savoirs fondamentaux, en témoignent les fautes d’orthographe qui émaillent les courriers, les commentaires de blog et même des articles de journaux, un comble! -, il est un refrain que nos « pédagogues » ne manquent jamais d’entonner: celui de « l’égalité » – plus exactement de l’égalitarisme, qui prétend créer l’égalité de force là où elle ne pourra jamais exister – et de la lutte contre « l’élitisme ». Les enseignements de latin et de grec? « Trop élitistes! », chante-t-on en chœur rue de Grenelle. Les classes européennes, les classes bi-langues? « Trop élitistes! », s’insurge-t-on chez Najat Vallaud-Belkacem. Pourtant, il semblerait que ces mêmes idéologues n’aient en réalité rien contre cet élitisme honni… à condition qu’ils fassent eux-même partie de l’élite.

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Regretter ou ne pas regretter Christiane Taubira?

Dans un article publié sur Contrepoints le 1er Février, Michel Faure nous explique pourquoi, étant libéral, il regrettera Christiane Taubira. Les points qu’il aborde dans son argumentaire ne manquent pas de poids, et en effet un libéral peut voir les choses de cette manière. J’aimerais ici lui répondre pourquoi moi, tout autant libéral, je ne la regretterai absolument pas:

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Les terroristes doivent bien rigoler

On se rappelle les propos de François Hollande, pendant sa visite en Inde, à propos de l’attitude de la France face au terrorisme. Il paraîtrait que la France ne se laisserait pas intimider, que rien ne l’effraierait ou ne la ferait douter. Propos martiaux, s’il en est.

Si les terroristes veulent vraiment effrayer la France, ils feraient mieux de se reconvertir en chauffeurs de taxi. Car cette catégorie-là sait faire baisser leurs pantalons à ceux qui nous gouvernent. Pendant la journée du 26 janvier, des chauffeurs de taxi se permettent de manifester partout en France et même d’aller violemment bloquer routes et aéroports. Et il semblerait que ce ne soit pas fini, car ils ont annoncé la reconduction de leur mouvement. Et comment le gouvernement a-t-il réagi? D’une simple admonestation contre les violences et la nomination d’un médiateur pour résoudre leur conflit avec les VTC.

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Nous sommes la France

Je viens d’achever la lecture de « Nous sommes la France », le dernier livre de Natacha Polony. J’ai été – agréablement – surpris de son contenu, tellement certains propos tenus par l’auteur sur l’identité française ou la laïcité semblaient confirmer ce que certains milieux disaient d’elle, la classant parmi les « néo-réacs ». La lecture de son livre permet d’avoir une idée précise de son propos. Et son contenu est bien loin de la caricature que l’on fait d’elle.

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Une voie pour l’avenir

On ne compte plus, en ce moment, les mauvaises nouvelles qui continuent de s’abattre sur notre pays qui n’en peut mais: les attentats de novembre dernier, bien sûr, mais aussi une réforme du collège qui va bientôt entrer en vigueur – et qui continuera à faire des élèves des ânes bâtés -, la situation des migrants à Calais qui devient de plus en plus intenable, l’économie mondiale en berne et ses répercussions sur la nôtre – en effet, la politique actuelle consiste à laisser les activités étrangères tirer la nôtre vers le haut sans même essayer de la stimuler intérieurement – etc. Bref, on sombrerait facilement dans le pessimisme le plus noir.

Pour essayer de conjurer le mauvais sort, je repense souvent à un livre qui m’a redonné le sourire. Son auteur n’est pas un inconnu puisqu’il s’agit d’Alexandre Jardin. Son dernier « Laissez-nous faire! On a déjà commencé » est une véritable bouffée d’air frais dans un pays aussi sclérosé que le nôtre, et une belle éclaircie au milieu de perspectives d’avenir aussi sombres. En effet, il montre clairement que la France peut très bien se redresser, et surtout comment: en laissant faire. Lire la suite

Retour de bâton chez Air France

Après avoir appris l’agression d’un dirigeant d’Air France par certains membres de syndicats autoproclamés “représentatifs”, et ayant lu certaines réactions sur Twitter – manifestement du côté des syndiqués –, j’ai pu constater l’emploi – sans jeu de mots – d’un certain terme qui en dit long sur la mentalité qui règne au sein des milieux les plus archaïques de France. Il s’agit du mot « violence ».

En effet, aux yeux de certains dinosaures cégétistes et autres rouges du même type, les victimes de cette violence seraient… les employés d’Air France, pour lesquels la perte de leur emploi serait particulièrement traumatisante, beaucoup plus que se retrouver à moitié à poil devant une foule en colère. Honnêtement, je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer.

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